Home ~ Historique ~

Architecture

Architecture

A moins de trois heures de Paris, de Lille, de Nancy ou de Dijon, à l’orée de la Belgique et du Luxembourg, la région de l’Argonne Ardennaise se trouve dans le département des Ardennes (08). Le hameau de Landreville (une douzaine d’habitants mais plus d’une centaine au XVIII°) fait partie de la commune de Bayonville et Chennery (réunifiées en 1828 comme de nombreuses autres communes des Ardennes, comme la voisine Landres avec Saint-Georges par exemple, à ne pas confondre avec Bayonville sur Mad qui se trouve dans la voisine Meurthe et Moselle) et se dresse au nord-est de l’Argonne orientale, presque à la frontière géographique et historique avec la Meuse et la Lorraine, non loin de ces « Thermopyles », ces défilés, comme les nommait Dumouriez le 3 septembre 1792 juste avant la fameuse bataille de Valmy contre les Prussiens et les Autrichiens de Brunswick.

Le Château de Landreville lui, est situé à 1,5 km au sud de la commune de Bayonville et Chennery, à 7 km de Buzancy (son ancien canton) et à 29 km de Vouziers, il représente aujourd’hui, un bel exemple de ces « maisons fortes » de confins.

A l’origine, au XIII° siècle, c’était une construction féodale défensive, fortifiée et austère, traditionnelle, de plan rectangulaire, cantonnée par ses quatre tours rondes avec créneaux, douves, pont-levis et meurtrières. Ce n’est qu’en 1567 que l’édifice se transforme en un Château résidentiel grâce à des remaniements importants qui le rendent plus accueillant (les travaux auraient duré près de dix ans). Le Château est alors doté d’une toiture centrale en ardoises à deux versants, de poivrières, de hautes baies à trumeaux de pierre, de grandes fenêtres, de belles cheminées décorées aux étages, de plafonds à poutres enluminées, d’un escalier dans la tour Ouest et de beaux jardins à la Française au Nord du parc qui entoure le Château.

Cachée par la végétation, isolée au fond d’une petite vallée, dans un des creux du plateau de Buzancy, secteur voué aujourd’hui aux grandes cultures, cette habitation discrète mérite d’être mieux connue aux touristes et aux passionnés d’histoire. Elle est située dans le vallon où coulent la petite rivière « Agron » (ou Egrond au XVIII° siècle ou ruisseau de Rémonville au XIX° siècle) et son affluent le ruisseau « Furba » (ou ruisseau de Landreville), lequel alimente en eaux vives ses douves. Les hautes poivrières coiffant les quatre tours, légèrement plus élevées du corps central et presque semblables (la tour nord-est étant la plus importante tandis que la plus petite est la tour sud-est), émergent à peine du rideau d’arbres qui délimite la propriété. Le parc, les deux pavillons et les communs, proposent ensuite un paysage quasiment symétrique et plein de charme.

De dimensions modestes (275 m2 au sol), avec trois niveaux plus les combles, le Château  est construit en pierre dite « de Buzancy » (calcaire oolithique extrait dans les environs) avec moellons assisés pour les murs. La toiture d’ardoise, à croupe dans la partie centrale et conique pour les tours, présente d’intéressantes souches de cheminées à arcatures ouvragées en briques et des corniches en pierres de taille de calcaire jaune. Sur tout le pourtour du corps de bâtiment et des tours, sont aménagées, à différents niveaux, des canonnières à ébrasements extérieurs rectangulaires, dirigées en flanquement du logis et vers les douves. Certains postes de guet correspondent à deux orifices internes, et, dans la tour nord-ouest où se trouve l’escalier à vis, la hauteur des postes de tir suit le niveau des marches.

Les façades du logis montrent trois niveaux de baies qui correspondent aux étages, les tours possédant un quatrième niveau. Un cordon filant, en pierre de taille, marque la limite entre le soubassement et les étages du logis, il ressaute sur les quatre tours d’angle, simple profil en demi-rond pour le logis, quart-de-rond pour les tours.

Six gargouilles dont une « au bélier », placées aux angles des tours et du logis, étaient destinées à évacuer les eaux de ruissellement. Ce dispositif indique que les tours étaient auparavant vraisemblablement munies d’un chéneau qui était dissimulé derrière une balustrade décorative.

Le caractère défensif du Château réside alors principalement, dans sa silhouette ramassée, ses douves en eaux et ses quatre tours de flanquement très saillantes. Aujourd’hui son caractère résidentiel est surtout caractérisé par les grandes fenêtres, par sa porte d’entrée dépourvue de défenses et par ses cheminées monumentales.

Au XVI° siècle, les travaux effectués amélioraient effectivement le confort dans le Château. Ils se traduisaient en façade surtout, par le percement des grandes fenêtres destinées à éclairer largement les salles du rez-de-chaussée et du premier étage, et par un ordonnancement des anciennes façades basé sur la symétrie des lieux. Ceci étant, l’ensemble reste quasiment d’origine (donc du XVI° siècle), en dépit de toutes les déprédations commises lors des nombreuses guerre qu’il a affronté :Guerres de religions, guerre contre les Pays-bas espagnols, guerre de 1792 (Valmy n’est pas loin), de 1815 (les occupants russes saccagent les intérieurs), de 1870 (les uhlans sèment la terreur tout autour), de 1914/18 (la tour sud-ouest est démolie en partie par un obus américain), de 1939/45 (le Château est utilisé par la W.O.L. comme silo, les prisonniers brûlent les planchers pour se chauffer).





Château de Landreville / 08240 Bayonville & Chennery (Champagne - Ardenne) – France | Tél.: +33(0)324300079
E-mail: info@chateaudelandreville.com / Coordonnées GPS: 49°23'26.52” N – 04°59'59.21” E
Eurl Food For Fantasy - Siret: 794 993 451 00010 – NAF: 9329Z – TVA: FR43794993451
Copyright © 2013 - All rights reserved.